Nouveau souffle : Sélectivité… lorsque les faits contredisent le discours du Président

20 January, 2026 - 13:35

Au moment même où le Président affirme — dans son discours prononcé au Hodh Chargui — que l’État dispose d’organes de contrôle capables de suivre la gestion des deniers publics, de détecter les dysfonctionnements et de prendre les mesures nécessaires, nous constatons, en parallèle, qu’une organisation dite de transparence, dirigée par Ould Ghadda, se consacre exclusivement à un seul dossier : celui du Laboratoire de la Police.
Elle enquête, documente, publie des rapports et monopolise la couverture médiatique… comme si le pays ne connaissait d’autres affaires de corruption que celle-là.
Quelle est donc cette sélectivité flagrante dans le choix des dossiers ?
L’État — ou cette organisation qui prétend parler au nom du contrôle citoyen — n’a-t-elle trouvé aucune autre affaire à défendre en dehors de celle du Laboratoire de la Police ?
N’existe-t-il pas des secteurs où la corruption est plus grave, plus vaste et plus profonde ?
Ou bien l’État ignore-t-il ce qui s’y passe… ou sait-il et choisit-il de fermer les yeux ?
Et selon quels critères l’État accrédite-t-il des dizaines d’organisations de la société civile, alors que seule « Transparence Ould Ghadda », dont la crédibilité est mise en doute, occupe la scène ?
Est-il logique que le Président affirme une chose, tandis que la réalité sur le terrain va à l’encontre de ses paroles et même de la loi ?
Et si le dossier du Laboratoire de la Police mérite réellement d’être suivi — ce que nul ne conteste — qui a accordé aux autres secteurs une sorte d’immunité qui les soustrait à la même attention ?
Et pourquoi, puisque l’affaire comporte des dimensions et des acteurs internationaux, est-elle traitée exclusivement par la justice mauritanienne ?
Pourquoi n’est-elle pas portée devant la justice britannique ou turque, puisque le terrain et les parties concernées s’y trouvent ?
Et l’intéressé — Ould Ghadda — possède-t-il la crédibilité nécessaire pour jouer le rôle de « vigie », alors qu’il est lui-même poursuivi dans d’autres affaires où la justice ne s’est pas encore prononcée ?
Pendant ce temps, certains secteurs connaissent une flambée d’enrichissement ostentatoire, de détournement de budgets publics vers des comptes personnels, d’achats de biens immobiliers et d’accumulation de propriétés connues de tous et que nul ne peut ignorer.
C’est là le deux poids, deux mesures dans toute sa clarté.
Et le pire est qu’il semble — malheureusement — être devenu la règle en vigueur.

Brahim Ould Saleh
Ancien conseiller au CSA