
« L’homme est un animal social », affirme le philosophe. Cette formule, désormais classique, éclaire une vérité fondamentale : l’ambition humaine et la motivation individuelle s’enracinent dans une dynamique collective. L’homme ne se construit jamais seul ; il se façonne dans le regard, l’appartenance et la reconnaissance de l’autre.
Mais à quel moment cette dimension sociale cesse-t-elle d’être rationnelle ? Quand échappe-t-elle à la mesure et à la sagesse ? La réponse se manifeste avec acuité en Mauritanie, là où l’appartenance tribale, lorsqu’elle n’est plus régulée, s’attaque au fonctionnement normal des institutions, en altère les mécanismes et en pervertit la finalité.
Le rôle du leader n’est ni d’attiser les passions en criminalisant les relations fécondes issues de l’effort collectif, ni de les ignorer jusqu’à ce qu’elles se transforment en poison, érigeant des barrières invisibles mais solides contre le développement des institutions étatiques et l’application équitable de la loi. Gouverner, c’est arbitrer entre l’émotion et la raison, entre l’identité et l’intérêt général.
Entre instinct de survie et identité sacrée, l’amour de la tribu doit être reconnu et assumé. Il mérite d’être placé au même niveau que l’amour de la patrie, car toutes deux incarnent une famille, une protection, un refuge face à l’incertitude du monde. Les opposer serait une erreur ; les hiérarchiser avec discernement est une nécessité.
Enfin, le respect demeure un miroir : celui qui respecte est respecté. Là réside peut-être la clé d’un équilibre durable entre l’individu, sa tribu et l’État.
Habib Hamedy
Ingénieur d’Etat.





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