
Les préparatifs du dialogue national convoqué par le président de la République sont entrés dans leur ultime phase. Les derniers réglages sont en cours. Le coordinateur des discussions, monsieur Moussa Fall, a mené une série de consultations avec des acteurs politiques et sociaux afin de dégager un cadre commun pour l’organisation de l’évènement.
Les observateurs pensent que la date du démarrage sera bientôt annoncée. On a déjà passé une année en conciliabules. Certains acteurs ne semblent pas pressés de voir les débats démarrer. Les différents pôles politiques travaillent désormais sur les amendements du document remis par le coordinateur, au lendemain de la rencontre entre ceux-là et le président de la République pour enclencher la deuxième phase exploratoire. Si, pour l’essentiel, les questions de fond demeurent inchangées, il faudra revoir certaines formulations et quelques ajouts, les commissions techniques, les ateliers…en somme, s’entendre sur la date et le calendrier du colloque. D’ici là, les pôles politiques de l’opposition et de la majorité devront aussi se revoir afin d’harmoniser leur mouture respective. Cette nouvelle étape intervient peu après la sortie d’un groupe de nationalistes hostiles au dialogue, notamment sur certains thèmes proposés par l’ensemble des acteurs politiques. Ce groupe accuse les anciens kadihines d’avoir phagocyté le processus et souhaite par conséquent l’exclusion, par le conclave à venir, des dossiers du passif humanitaire et de l’officialisation des langues nationale pulaar, soninké et wolof. Or, il s’agit là de questions qui minent le vivre ensemble en Mauritanie depuis des décennies. Ce groupe, qui dispose de ramifications au sein de l’appareil de l’État, pourrait-il influencer la démarche en phase finale ? Il est suspecté d’être à l’origine du piétinement des procédures de règlement du passif humanitaire, voulu par le président de la République depuis 2022…
Pour rappel, le document préliminaire sur le mécanisme d’organisation des échanges a été remis aux partis politiques lors de réunions au palais présidentiel. Ce texte propose une structure organisationnelle du dialogue : modalités de participation des partis et cadre de discussion des grandes questions nationales. Les thèmes proposés par les uns et les autres, principalement de l’opposition, portent sur les questions de cohésion sociale et d’unité nationale, gouvernance et lutte contre la corruption, réforme du système électoral, libertés publiques... Avec la fin du Ramadan, les partisans du dialogue vont voir prendre fin les conciliabules préparatoires et connaître enfin la date du démarrage de celui-ci. Ou, hélas, entendre le Président annoncer l’abandon du processus ; comme en 2023… Ce ne sera pas une surprise pour certains, mais très probablement une joie pour les faucons du système.
DL





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