
Deux poignardés à Arafat
Il est important de souligner et revaloriser les efforts que mènent les autorités depuis le début du mois béni du Ramadan pour contrer la recrudescence de la criminalité à Nouakchott. Une importante campagne a été menée par la police et la gendarmerie en plusieurs zones de la ville. Des dispositifs qui comprennent des patrouilles mobiles et fixes, sur les grands axes et près des marchés. Des rondes à pied sillonnent aussi les quartiers isolés en va-et-vient continu, dès le crépuscule. La police redouble d'efforts et mène un travail colossal pour sécuriser les habitants des quartiers Tin Soueïlim et Carrefour... Malgré cela, il arrive que des malfaiteurs parviennent à éviter les lieux où patrouillent la police pour se faufiler dans des ruelles sombres éloignées, espérant y épingler une proie facile.
Au quartier poteau 11 d'Arafat, une jeune fille qui marchait dans une rue très passante a ainsi été abordée par deux djenks complètement drogués. Ils l’ont frappée d’un coup de poignard à la main et se sont emparés de son téléphone avant de poursuivre tranquillement leur chemin. Personne n'a accordé d'importance aux cris et appels au secours de la demoiselle dont la blessure était heureusement légère. On l’a cependant évacuée à l'hôpital. Ses agresseurs courent toujours. La même nuit, un jeune homme a également été poignardé au quartier Msid Nour par des malfaiteurs qui ont vidé ses poches et disparu. Il a été, lui aussi, heureusement évacué et soigné.
La commande
Au marché construit sur le lieu de la fameuse école « Marché capitale », une nombreuse foule se démène dans un va-et-vient continu. La fête approche et les boutiquiers venant de l'intérieur convergent pour faire leurs commandes, afin d’écouler leurs marchandises à temps avant la fête d'El Fitr. Les vendeurs, les clients, les visiteurs et les badauds se bousculent dans les artères du marché. Une grande boutique d'habits et autres articles de luxe qui se trouve au rez-de-chaussée grouille de monde. Le patron et ses trois employés sont tous occupés à libérer les clients. Un homme avoisinant la quarantaine entre. Il tient dans sa main un téléphone dernier cri de valeur. Après avoir demandé le patron, il se dirige vers celui-ci qui discute avec des clients. « Assalamou aleykoum », dit-il, « je veux faire une grosse commande, mais je dois au plus tôt rentrer à Akjoujt. Ma clientèle est pressée d'obtenir les marchandises ». Le patron lui fait signe de venir s'asseoir sur la chaise qui se trouve derrière le comptoir. Le nouveau venu exprime son besoin et le commerçant en prend note : vingt ensembles de bazin Ezbi, dix de contre-Ezbi, quarante pantalons maures, quinze « demi-saison », trente chemises de marque et vingt paires de chaussures. Après discussion, ils se mettent d'accord sur le prix. Le patron ordonne à ses employés de se consacrer à cette importante commande et de servir du thé à cet exceptionnel client.
Les vendeurs commencent à emballer les marchandises. Le patron les rejoint pour accélérer leur travail. Quant au riche client, il reste près de la caisse, sirotant de temps à autre un verre de thé et manipulant son portable, avant de s'excuser soudain pour aller fumer dehors. Les vendeurs continuent à emballer sous les yeux du patron content d'avoir gagné cette belle affaire. Après dix minutes, on constate que l'homme n'est pas revenu. On envoie quelqu'un le chercher, mais celui-ci ne le trouve pas. Le patron sort à son tour et fait le tour du marché à sa recherche. Même l'ombre du riche client n’a été perçue ! On pense qu'il pourrait revenir plus tard et laisse la marchandise en attente. Mais voici que le patron ouvre le tiroir de sa caisse et s'aperçoit que tout son argent a disparu ! Et, constatant qu’ils ont été bel et bien roulés dans la farine, les voilà à réouvrir les emballages…
La ruée des voyous
À Sebkha, quartier populeux et périphérique de Nouakchott, se trouve un marché très particulier : le marché aux puces, communément appelé « marché tieb-tieb ». Un foirail improvisé en 1996, entre le marché d'El Mina et le Terminus. Les vendeurs et clients utilisaient le trottoir pour faire leurs transactions. Mais les malfaiteurs ont bientôt commencé à profiter de ce souk pour essayer d'écouler les fruits de leurs rapines....
En 1999, l'État décida d’organiser officiellement ledit marché aux puces, en le transférant dans un parc public, non loin du marché de Sebkha. Beaucoup d'anciens récidivistes reconvertis y ont ouvert des boutiques, tandis qu’était installé, juste à côté, le commissariat de police Sebkha 2. Car, chaque jour, un ou deux crimes y étaient perpétrés.
Depuis, le marché tieb-tieb est devenu un très grand marché qui n'a rien à envier aux autres. Mais des dizaines de malfaiteurs et voyous en tout genre s'y rendent chaque jour. Les uns pour fourguer leur butin, les autres en quête de la moindre aubaine pour arnaquer, voire braquer et agresser... On s’y adonne également à divers jeux de hasard qui finissent souvent en bagarres meurtrières... Beaucoup de ses vendeurs sont des indicateurs de la police qui débarque fréquemment pour alpaguer des malfaiteurs recherchés. Mais le lieu reste très apprécié, car on y trouve, à prix intéressant, de la bonne marchandise neuve ou d’occasion.
Mosy





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