
La réforme du dédouanement des téléphones mobiles en Mauritanie suscite un débat croissant entre autorités, commerçants et utilisateurs, alors que le gouvernement affirme vouloir mieux encadrer un marché stratégique tout en luttant contre l’évasion fiscale. Selon les autorités, ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la loi de finances 2026, qui introduit de nouvelles règles pour l’importation et l’utilisation des téléphones mobiles sur les réseaux nationaux.
Dans ce cadre, le taux de dédouanement appliqué aux smartphones a été fixé à 30 %, contre 32,75 % auparavant, tandis que celui des téléphones non intelligents est désormais établi à 12 %. Les autorités ont également lancé une plateforme numérique de dédouanement, permettant aux vendeurs et aux utilisateurs d’effectuer les démarches administratives à distance, sans se rendre dans les bureaux des douanes.
Le dispositif prévoit par ailleurs un système de contrôle des appareils connectés aux réseaux mobiles. Les téléphones non dédouanés détectés feront l’objet d’une notification par SMS, accordant à leurs utilisateurs un délai de quinze jours pour régulariser leur situation. À défaut, la ligne associée à l’appareil pourra être suspendue. Le nouveau système permet également de vérifier le statut de dédouanement d’un téléphone grâce à son code IMEI via une application dédiée.
Dans un pays où le téléphone mobile constitue l’un des principaux moyens d’accès aux services numériques, la réforme intervient dans un contexte sensible. Selon des données publiées par Data Reportal, la Mauritanie comptait plus de 6,3 millions de connexions mobiles actives en 2025, soit un taux de pénétration supérieur à 100 %. Ces dernières semaines, des vendeurs de téléphones ont organisé des sit-in à Nouakchott, notamment devant le Parlement, pour protester contre ces nouvelles mesures qu’ils jugent préjudiciables à leur activité. Les autorités estiment pour leur part que la réforme vise à mieux réguler un secteur longtemps marqué par l’informalité et à renforcer les recettes publiques, tandis que certains acteurs du marché redoutent un impact sur l’accessibilité des téléphones pour une partie de la population.




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