
Comme on pouvait s’y attendre, des contestations du dialogue politique sont venues de voix féminines qui ont relevé, à la simple lecture de ses images, l’absence flagrante de représentation des femmes parmi les interlocuteurs. Une critique qui s’ajoute à celle, déjà exprimée, par une partie de l'opposition ayant choisi de boycotter ce dialogue.
Il est pour le moins étonnant que les organisateurs aient pu ignorer que la représentation des femmes dans la vie publique constitue désormais un standard incontournable de la bonne gouvernance, dont la méconnaissance n’est plus tolérable.
Mais, au fond, faut-il réellement s’étonner de la montée des contestations, dès lors que le critère essentiel de légitimité — celui que consacrent les urnes — fait défaut ?
En effet , la plupart de ceux qui prétendent aujourd’hui parler au nom des Mauritaniens, sinon tous, sont en réalité appelés à confirmer leur légitimité populaire, y compris ceux issus des précédentes échéances électorales.
Les partis engagés dans ce processus ne sauraient, eux non plus, se soustraire à cette exigence. Ils sont tenus d’organiser des campagnes d’adhésion transparentes et des élections internes crédibles, afin d’établir la légitimité de leurs représentants. Au-delà, ils doivent impérativement prouver leur propre légitimité à travers des élections législatives et municipales libres, régulières et conformes aux standards internationaux.
En définitive, la meilleure contribution que l’on puisse offrir aujourd’hui à la Mauritanie — au-delà de la préservation du précieux acquis de l’alternance pacifique à la magistrature suprême, dans le strict respect de la Constitution — consiste à faire émerger une véritable classe politique issue d’élections incontestables.
À défaut, prétendre représenter les Mauritaniens sans en détenir le mandat réel revient à entretenir l’une des principales failles de notre démocratie naissante.
Une faille qui n’est pas seulement un symptôme, mais bien une racine du mal.
Saurons-nous nous atteler à la traiter ?
En tout cas, il y a péril en la demeure et urgence à agir.
Abdel Kader Mohamed




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