
Nous entendons souvent dire et répéter, aussi bien au niveau des cercles intellectuels que dans le discours populaire, que nous sommes dans la misère alors que notre pays regorge de toutes sortes de richesses. Et nous trouvons facilement l’explication dans la mauvaise gestion et la corruption. Mais il y a pire. Nous avons effectivement des mines de toutes sortes, une zone maritime parmi les plus poissonneuses du monde s’étendant sur une façade maritime de plus de 700 km, de vastes zones agricoles fertiles, un fleuve d’eau douce long de plus de 600 km. Tout ça pour une population de 5 millions d’habitants seulement.
En fait, il nous manque l’essentiel, les ressources humaines qui valorisent toutes les autres. Nos jeunes refusent obstinément malgré les encouragements et le chômage d’aller à la pêche ou de cultiver la terre. Ce sont des étrangers qui le font à leur place, puisque la nature a horreur du vide. Ceux-ci prennent également d’assaut la plupart des petits métiers, le bâtiment, la restauration etc...expatrient ainsi, en devises, une importante partie de nos fameuses richesses.
Nos mines, quant à elles, appartiennent plutôt à ceux qui les ont découvertes, qui y ont investi leur argent et les exploitent. Avant eux, il n’y avait que des roches enfouies sous le sol. Dans ces conditions, nous devons nous suffire des rentes que ces étrangers veulent bien nous accorder en attendant d’avoir les ressources et surtout les compétences nécessaires pour prendre en charge tout le processus.
En réalité, la véritable richesse d’un pays ne réside pas uniquement dans ses ressources naturelles, mais dans sa capacité à les transformer, à les gérer et à en tirer une valeur durable. Tant que nos jeunes n’accepteront pas de s’investir massivement dans la pêche, l’agriculture, l’élevage, les services et que nos ingénieurs n’auront pas les compétences nécessaires pour étudier, prospecter et exploiter nos mines et nos grandes infrastructures, nous serons toujours pauvres de nos richesses.
Face à cette situation, il ne sert à rien de se lamenter sur une richesse qui serait confisquée, mais de construire les conditions de sa maîtrise future. Cela passe par un changement de mentalité ainsi qu'une politique volontariste de formation, la réhabilitation du travail productif, la valorisation des métiers de la terre et de la mer ainsi que la main d’œuvre qualifiée et par un véritable transfert de compétences dans tous les secteurs stratégiques.
C'est ainsi que nous pourrons véritablement prendre possession de nos richesses naturelles.
Dahane Taleb Ethmane




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