
Le député Biram Dah Abeid a appelé, ce mercredi 8 avril, le président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani, à mettre en place un gouvernement d’union nationale, dans un contexte qu’il juge « particulièrement incertain ».
S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée par la coalition Alternance démocratique 2029 (CAD), au siège du parti AJD/MR, le président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) a plaidé pour « un gouvernement de large ouverture », capable d’impliquer l’ensemble des acteurs politiques dans la gestion du pays et dans la préparation de la suite du mandat présidentiel.
Revenant sur le dialogue politique en gestation, boycotté par la CAD, Biram Dah Abeida a justifié cette position par « le manque de sérieux et de crédibilité » du processus. Il a toutefois salué « le courage et la détermination » de certains leaders politiques ayant choisi d’y participer, notamment Mohamed Maouloud et Samba Thiam, estimant qu’ils « n’ont ménagé aucun effort pour sa réussite », mais qu’ils ont finalement été « fourvoyés par le pouvoir ».
Le député a également dressé un tableau sombre de la situation socio-économique, dénonçant des populations « écrasées » par la hausse des prix du carburant et du gaz domestique. Il a appelé les citoyens à s’unir pour s’opposer à ces augmentations qu’il qualifie d’injustifiées.
« Aucun pays voisin n’a pris une décision similaire », a-t-il affirmé, dénonçant une gouvernance marquée, selon lui, par la corruption et des choix économiques pénalisant les couches les plus vulnérables. Pour Biram Dah Abeid, cette hausse des prix s’inscrit dans une « longue série de mesures » aggravant les difficultés des Mauritaniens.
Le leader de l’IRA a en outre dénoncé le « pillage » des ressources nationales, notamment l’or, pointant du doigt la responsabilité de proches du pouvoir qu’il accuse d’incompétence et de favoritisme. Il a également évoqué l’accaparement de terrains par des hauts responsables, mettant en garde contre « une situation aux conséquences dangereuses ».
Dans un ton alarmiste, Biram Dah Abeid a comparé certaines pratiques de gouvernance à celles d’anciens régimes autoritaires, citant notamment François Duvalier, Ferdinand Marcos, Jean-Bedel Bokassa et Idi Amin Dada.
Face à ce qu’il considère comme l’échec du dialogue politique, qu’il accuse d’être « saboté par la majorité au pouvoir », il a exhorté le président Mohamed Cheikh Ghazouani à « tirer les conséquences » en formant un gouvernement inclusif.
Le president Biram a déployé la répression abattue sur les manifestants du dimanche dernier et les journalistes, regrettant un gros recul des libertés.
Enfin, le député a déploré les déclarations de certains membres du gouvernement à l’égard des pays voisins, notamment le Mali et le Sénégal, estimant qu’elles sont « de nature à créer des tensions dangereuses ». « Nous devons respecter nos voisins, tout comme ils doivent nous respecter », a-t-il conclu.




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