Chronique: Entre Nous

20 April, 2026 - 10:38

Il y a les visitations à l'intérieur. Il y a aussi les visitations de l'extérieur. Ici, chez nous. Nous allons généralement là où va le président. Après, nos télévisions nationales vont nous sortir des reportages dans lesquels tout est très bien allé. Des populations qui ne voulaient que ça. Voir le président et mourir. L'entendre directement parler. Et pour les plus chanceux assister à la rituelle réunion des cadres dont la tradition remonte à plus de quarante ans. Du temps de la première visitation de Maouiya en 1985 ! La très célèbre visitation de Néma. Mais quand le président va à l'extérieur et Allah sait qu'il y va très souvent. Machallah. Feu Sidi voyageait beaucoup. Aziz et ses gens le disaient. Après comme par on ne sait quoi,  Aziz a voyagé beaucoup plus que feu Sidi. Maintenant,  voilà que s'il continue à ce rythme,  notre Ghazouani national fera plus de voyages que Sidi et Aziz ensemble. C'est vrai que le voyage du président ça peut rapporter gros. Un vol spécial avec tout à bord : méchoui,  thé,  zrig et bonne compagnie. Le président. La première dame. Les directeurs de cabinets et des protocoles. Quelques ministres. Des chargés de mission et conseillers à tour de rôle. De substantiels frais de mission payés rubis sur ongle ou bien moi pas bouger comme le titre d'une célèbre chanson des années 1980. Et comme les diasporas sont devenues nombreuses,  il faut les mobiliser pour accueillir le président à Paris avec les sons et les couleurs estampillés aux empreintes nationales au point qu'on se croirait à Maghama ou à Bousteila. Puis,  la télévision nationale ( encore elle) va nous raconter que c'est la première visite d'Etat dans l'histoire du pays . Que c'est la première fois qu'un accueil " aussi comme ça " a été réservé à un président. Et voilà que Madame la présidente a refusé de saluer main à main le président de la France. Quel courage. Quelle témérité. Quelle piété. Vraiment extraordinaire. Il y a eu juste un large sourire. Le président, lui, peut saluer main à main la première Dame de France. C'est comme ça le protocole. Puis,  il y a eu le dîner offert en l'honneur du président. Les présidents de l'AES et le président du Sénégal doivent rougir de jalousie. Puis le président et sa délégation sont retournés au pays. Rien ne s'est passé après eux. Le Détroit d'Ormuz est refermé. Les prix des hydrocarbures et du gaz n'ont pas baissé. Le dialogue est bloqué. Les deux députés de "Birame " sont toujours aux arrêts. Le couvre-feu continue. 2029 approche à grand pas. Patrice Talon le Beninois vient de respecter la constitution en passant le témoin présidentiel à son ministre des finances. Point de troisième mandat malgré un bilan économique flatteur. La Mauritanie n'est pas le Bénin. Patrice Talon n'est pas Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Salut !
Sneiba El Kory