
L’accueil fastueux réservé au Président mauritanien suscite une interrogation légitime : sera-t-il à la hauteur des attentes profondes de la Mauritanie, de son peuple, et des intérêts stratégiques de la France au Sahel ?
Car derrière le décorum, la réalité demeure implacable. La Mauritanie fait face à des besoins immenses dans presque tous les secteurs, et peine toujours à amorcer un véritable décollage. Le mal est d’abord endogène, plus que le produit de facteurs extérieurs. Aucun appui, aussi généreux soit-il, ne saurait produire d’effets durables sans des réformes internes courageuses, structurelles et structurantes.
Dès lors, cette visite risque de s’inscrire dans la continuité des précédentes : des accords financés par des prêts à long terme, l’acquisition d’équipements civils et militaires, quelques programmes de formation, des missions administratives récurrentes, et peut-être des investissements ciblés dans des secteurs porteurs comme l’énergie ou les mines. À cela s’ajoutent un soutien diplomatique et une forme de caution sur la scène internationale, une scène en recomposition où la France, il faut bien le reconnaître, a perdu du terrain.
Le partenariat équilibré, le fameux “50/50”, reste hors de portée, faute de préparation et de capacité structurelle du côté mauritanien. Dans ce contexte, la grandiloquence des cérémonies, les solennités et leur médiatisation massive apparaissent surtout comme des instruments de communication, au service d’agendas internes.
Mais l’apparat ne saurait masquer les failles profondes ni les contraintes lourdes qui conditionnent l’avenir. Les peuples, désormais plus lucides, perçoivent de mieux en mieux que la “coopération” a souvent servi de paravent : levier d’influence pour les uns, alibi pour les autres.
Quant au retour éventuel de la France au Sahel par la fenêtre mauritanienne, il représente un pari et et un défi pour les deux parties et il n'est pas gagné d'avance. Le contexte international est lourd de nuages qui s'amoncellent et grossissent au fur et a mesure que les conflits d'Ukraine et d'Iran progressent.
Imam Cheikh




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