Il y a urgence, monsieur le Président!

6 May, 2026 - 00:36

Le rapport de Reporters sans frontières publié jeudi dernier a révélé une baisse de l’indice de la liberté de la presse en Mauritanie, désormais à la 61ème place mondiale, soit un recul de onze places par rapport à l’année dernière. L’organisation a déclaré que le recul de la Mauritanie était dû à des facteurs économiques et à la fragilité du secteur des media, ainsi qu’au retard pris dans la mise en œuvre de réformes qu’elle a qualifiées d’indispensables pour protéger les journalistes et soutenir les institutions médiatiques.

C’est la première fois depuis de longues années que notre pays régresse aussi spectaculairement dans le classement annuel de RSF. Et ce n’est pas un hasard. La presse fait face à d’innombrables difficultés et les journalistes – ou ceux qui prétendent tels… – ont toutes les peines du monde à exercer leur métier en toute liberté, faute de moyens. Malgré le doublement de son budget annuel, le Fonds d’aide à la presse reste incapable de garantir la pérennité des media, écrit RSF. Ce qui fait, que malgré la dépénalisation des délits de presse en 2011, les journalistes peuvent travailler dans un environnement moins répressif, mais vivent dans une grande précarité. Pourtant le président Ghazouani ne manque pas une occasion de déclarer, comme il l’a fait cette année encore, que la Mauritanie reste attachée au soutien d’une presse « professionnelle et responsable », accomplissant sa mission en toute liberté et transparence, dans le respect de la déontologie. Belle profession de foi, mais qui demande à être traduite dans les faits. Il y a urgence, monsieur le Président ! La presse se meurt et seule une volonté politique réelle peut la sortir de l’ornière. Si ce n’est pas trop tard.

                                                   Ahmed ould Cheikh