
Objet : Les menaces imminentes liées à la situation au Moyen Orient qui pèsent sur notre pays et les mesures urgentes à prendre pour contribuer à assurer une amélioration de sa capacité de résilience efficace durable
- Ne se laissant pas abattre, le colibri répond toujours : « Je fais ma part. » Mais voilà que d'autres oiseaux commencent à imiter le colibri, suivis de l'ensemble des animaux de la forêt. C'est ainsi que, grâce à l'action concertée de tous, le feu est enfin éteint et la forêt, sauvée.
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III - Suggestion de mesures d’accompagnement urgentes à prendre pour la définition et la mise en œuvre d’un programme spécial de soutien à la préparation des prochaines campagnes agricoles (hivernage 2026, contre saison froide 2026-2027 et contre saison chaude 2027)
- Création d’un comité interministériel comprenant les représentants des ministères de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, de l’élevage, de l’hydraulique, de l’environnement et de l’économie et des finances ;
- Création d’une cellule comprenant les directions techniques des ministères de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, de l’élevage, de l’hydraulique, de l’environnement et de l’économie et des finances. Cette cellule a en charge de concocter les TDRs dudit programme des campagnes agricoles concernées, notamment en définissant les objectifs, les moyens nécessaires, la méthodologie, la feuille de route… ;
- Création d’équipes techniques spécialisées (agriculture, élevage, hydraulique et environnement) constituées de techniciens des directions des départements concernés, avec possibilité pour chaque équipe de s’adjoindre d’expertises d’appoint (retraités, autres personnes ressources selon des modalités à convenir ;
- Elaboration d’un budget opérationnel afin de réunir les conditions du fonctionnement efficace de la mise en œuvre dudit programme des campagnes agricoles.
IV - Présentation synthétique du potentiel des différents sous-secteurs de l’économie traditionnelle du pays
4.1 Agriculture
Le potentiel en terres cultivables est de l’ordre de 513 000 ha (‘‘diéri’’, irrigué, décrue, derrière barrages, oasien) et l’agriculture est divisée en cinq systèmes :
- Le système de production sous-pluie ou ‘‘diéri’’ a une superficie très variable et intimement liée à la pluviométrie. Les superficies cultivables selon les années peuvent varier entre 208 384 et 56 881 ha. Les statistiques agricoles du MASA suggèrent une moyenne annuelle de 130 936 ha. On y cultive principalement le mil, le sorgho et le maïs généralement accompagnés de cultures d’appoint (niébé, pastèques et autres). Les rendements sont en moyenne de 0,4 t/ha. Ils oscillent entre 0,1 t/ha à 0,9 t/ha ;
- Le système de production derrière barrages et en bas-fonds (444 barrages, 47 376 ha en 2024) avec une superficie emblavée entre 14 069 et 57 703 ha selon l’hivernage et une moyenne annuelle de 38 464 ha est généralement cultivé en sorgho, maïs, blé et orge. La moyenne annuelle des rendements de cette production est située à 0,6 t/ha ;
- Le système de décrue (naturelle ou contrôlée) est également lié à la pluviométrie. Les superficies mises en valeur chaque année se situent entre 8 570 et 44 461 ha. On estime la moyenne annuelle de superficie cultivée à 21 561 ha. Les spéculations principalement produites sont le sorgho et le maïs avec un rendement annuel moyen de 0,7 t/ha. Actuellement, le système de décrue est lié aux lâchers d’eau opérés par le barrage de Manantali pour renforcer la crue naturelle. Cependant, il y a très souvent des perturbations qui affectent le régime des crues et des surfaces de décrue, ainsi que la production.
- Le système oasien dont les superficies occupées par les palmiers dattiers sont de 19 687 ha produisent annuellement 58 870 tonnes avec un rendement moyen de 31, 49 Kg par pied productif. En 2023, on comptait 26 836 exploitations réparties en 352 oasis totalisant 2 641 343 palmiers dont 1 869 717 productifs (70,79%), 725 708 jeunes palmiers (27,47%) et 52 142 mâles (1,97%).
- Le système irrigué qui comprend principalement la riziculture et l’horticulture a un potentiel de 135 000 ha desquels 63 070 ha ont fait l’objet d’aménagements en maîtrise totale d’eau et que bon an, mal an une moyenne de 40 000 ha sont effectivement mis en valeur (en hivernage et contre saison chaude de riz et une campagne de contre saison froide en polycultures c’est-à-dire maraichage, blé, sorgho, maïs, etc.). Les rendements moyens en paddy se situent à 4,4 tonnes/ha. Les techniques de production sont assez intensives. La préparation du sol est totalement mécanisée (labour ou l’offsetage) et la récolte est en majorité mécanisée avec l’usage de moissonneuses-batteuses. Les services compétents de MASA confirment que la production rizicole actuelle couvre 89% des besoins alimentaires du pays. Cependant, on continue d’importer du riz en provenance principalement des pays asiatiques.
Concernant, la culture maraichère, son développement se concentre dans la zone de l’irriguée sur la rive du fleuve Sénégal, la zone périurbaine de Nouakchott et certaines capitales régionales, la zone oasienne (sous palmier) et la zone de décrue. Les surfaces exploitées en maraîchage atteignent 8 000 ha avec une production estimée à 120 000 tonnes et un rendement de 15 t/ha. Ce rendement reste inférieur par rapport aux normes vulgarisées. En termes de superficies, les légumes les plus cultivés sont respectivement, les courges, l’oignon, la pomme de terre, l’aubergine, la tomate et les choux.
4.2 La pêche
Nous disposons d’une zone côtière, siège d’une très grande biodiversité, grâce à la combinaison d’un ensemble de conditions hydrophysiques, climatiques et morphologiques engendrant le phénomène d’upwelling et le front thermique entre les courants de Guinée et des Canaries. Ces conditions particulières offrent une richesse halieutique avec plus de 600 espèces répertoriées dont plus de 200 espèces commercialisables.
La pêche dont il est question ici, concerne la pêche artisanale (côtière et continentale) puisque c’est elle qui concerne directement les ménages de la société mauritanienne. Le poisson constitue un élément significatif dans la nourriture de la population. En effet, sa consommation serait de l’ordre 16,4 kg par personne et par an.
La pêche artisanale et côtière est principalement dédiée aux mauritaniens, (mais aussi à des pêcheurs sénégalais). La disponibilité du poisson pour la consommation nationale était environ 83 000 tonnes en 2023.
On note l’existence de réalisations significatives dans le domaine parmi lesquelles la mise en place de l’Agence pour le développement de la pêche et de la pisciculture continentale (ADPPC), le démarrage, depuis octobre 2023, d’un projet sur le financement des chaines de valeur dans la pêche.
Le sous-secteur enregistre un dynamisme qui s’est traduit par :
- Le projet de développement de la pêche sur le lac de Foum Gleita (OFCF) ;
- Le projet de gestion Intégrée des ressources en eau et de développement des usages multiples du Bassin du fleuve Sénégal (PGIRE) de l’OMVS, dont un projet d’Aménagement de trois mares pour le développement de la pisciculture (Gandjiadgi à Lexeiba II, Dellama à TifondéCivé et Warla à Wali), un projet de construction d’une écloserie artisanale au niveau du barrage de Foum Gleita pour la production d’alevins, en vue du repeuplement des mares.
- Le programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS) qui a formé et dotés en équipement des pêcheurs et femmes transformatrices ;
- Quelques projets de pisciculture continentale initiés par des organisations internationales ;
- Le projet de réalisation de cinq étangs piscicoles au niveau du centre de M’Bout pour l’élevage du silure et du tilapia ;
Dans le cadre des activités de l’ADPPC, il est prévu :
- L’opérationnalisation des centres de pêche de Mahmouda, Kankossa et Mâle à travers la construction des centres de pêche et d’une écloserie dans le centre de pêche de Mahmouda.
4.3 L’élevage
Effectif du cheptel national par typologie et espèces
|
Unités / Têtes |
Bovins |
Camelins |
Ovins |
Caprins |
Chevaux |
Anes |
|
Fermes |
3 190 |
204 |
4 149 |
2 838 |
30 |
15 |
|
Exploitations urbaines |
18 993 |
21 532 |
24 970 |
12 305 |
255 |
217 |
|
Ménages urbains |
205 880 |
38 859 |
329 123 |
617 922 |
7 094 |
41 685 |
|
Ménages ruraux |
3 202 501 |
380 206 |
6 726 198 |
4 380 832 |
93 272 |
391 260 |
|
Transhumants |
2 709 485 |
1 557 266 |
6 779 501 |
2 246 997 |
13 076 |
129 819 |
|
Marché bétail |
7 319 |
3 210 |
51 518 |
14 915 |
- |
- |
|
Ensemble |
6 147 368 |
2 001 277 |
13 915 459 |
7 275 809 |
113 727 |
562 996 |
Source : RGE, ANSADE, ME, 2025
Elevage mobile, effectifs du cheptel transhumant
|
Bovins |
Camelins |
Ovins |
Caprins |
Chevaux |
Anes |
|
2 709 485 |
1 557 266 |
6 779 501 |
2 246 997 |
13 076 |
129 819 |
Source : RGE, ANSADE, ME, 2025
Elevage mobile, effectifs du cheptel transhumants transfrontaliers
|
Bovins |
Camelins |
Ovins |
Caprins |
Chevaux |
Anes |
|
958 384 |
43 492 |
2 585 225 |
526 654 |
2 107 |
21 729 |
Source : RGE, ANSADE, ME, 2025
M. Mohamedine DIOP
Socio-économiste
Ancien conseiller technique DG SONADER
+222 44181721




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