
On dit souvent que l’éducation est la base de tout développement durable. Aucune nation ne peut prétendre à la prospérité, à la stabilité ou à l’émergence sans un système éducatif solide, équitable et adapté aux réalités de son temps. L’histoire des grandes nations démontre d’ailleurs que le véritable moteur du progrès n’est ni la richesse naturelle ni la puissance matérielle, mais avant tout la qualité de l’éducation offerte aux générations futures. En Mauritanie, cette conviction semble aujourd’hui guider l’action des plus hautes autorités de l’État à travers la mise en œuvre de la réforme de l’école républicaine.
Il convient de rappeler que ceux qui portent les grandes réformes ne sont pas forcément issus du secteur concerné. Le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, tout comme son Premier ministre Mokhtar Ould Diay, ne sont pas des enseignants de formation. Pourtant, cela ne les a nullement empêchés de placer l’éducation au cœur des priorités nationales. Cette vision est aujourd’hui renforcée par la présence à la tête du ministère de l’Éducation de Houda Babah, une personnalité issue du monde éducatif, qui connaît les réalités du terrain, les attentes des enseignants ainsi que les défis auxquels l’école mauritanienne est confrontée.
Lors de son accession au pouvoir, le président Ghazouani avait fait de l’école républicaine un pilier central de son projet de société. À l’époque, nombreux étaient ceux qui considéraient cette ambition comme irréaliste, voire utopique. Certains observateurs estimaient qu’il ne s’agissait que d’un slogan politique destiné à séduire l’opinion publique. Cependant, avec le temps, les faits ont fini par parler d’eux-mêmes. Les réformes engagées, les investissements consentis et la volonté politique affichée ont progressivement transformé cette vision en une réalité concrète.
Une vision transformée en réalité
L’école républicaine repose sur une philosophie simple mais profondément révolutionnaire : offrir à tous les enfants mauritaniens, sans distinction sociale, ethnique ou géographique, les mêmes chances de réussite à travers une école publique forte, moderne et accessible. Cette orientation vise non seulement à réduire les inégalités, mais également à renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale en faisant de l’école un espace de brassage, de citoyenneté et de mérite.
Cet objectif se trouve davantage consolidé par l’introduction et la valorisation de l’enseignement des langues nationales, qui constituent un patrimoine commun et un puissant levier de rapprochement entre les composantes de la société mauritanienne. En donnant à chaque enfant la possibilité d’apprendre et de mieux connaître les langues de son pays, l’école républicaine favorise la compréhension mutuelle, le respect de la diversité culturelle et l’émergence d’une conscience nationale plus forte, fondée sur la reconnaissance réciproque et le vivre-ensemble.
La réussite d’une réforme aussi ambitieuse ne peut cependant être attribuée à une seule personne. Elle est le fruit d’une continuité institutionnelle et d’un engagement collectif. De Soko Adama à Mohamed Melainine Ould Eyih, en passant par Brahim Vall Ould Mohamed Lemine et Mokhtar Dahy, jusqu’à l’actuelle ministre Dr Houda Babah, chaque responsable ayant dirigé ce département a apporté sa contribution à l’édification de cette réforme. Chacun, à son niveau, a poursuivi le travail engagé par son prédécesseur, dans un esprit de continuité et de responsabilité. Cette dynamique rappelle une course de relais où chaque coureur transmet le témoin avec le même objectif : faire triompher l’école républicaine.
Bien entendu, aucune réforme humaine n’est parfaite. Les défis demeurent nombreux : insuffisance des infrastructures dans certaines localités, besoin de formation continue des enseignants, surcharge des classes, exigences pédagogiques nouvelles ou encore nécessité d’adapter l’enseignement aux mutations technologiques et économiques du monde moderne. Mais malgré ces difficultés, les progrès réalisés sont visibles et méritent d’être salués avec objectivité.
Des défis nombreux
Parmi les signes les plus révélateurs de cette évolution figure le retour progressif de la confiance des citoyens envers l’école publique. Aujourd’hui, de nombreuses familles orientent de nouveau leurs enfants vers les établissements publics, parfois au détriment du privé. Ce phénomène, qui aurait semblé impensable il y a quelques années, constitue un indicateur fort de l’amélioration qualitative du système éducatif national. Il traduit également l’espoir retrouvé d’une population qui commence à croire de nouveau en la capacité de l’école publique à garantir un enseignement de qualité.
L’État mauritanien a également compris qu’aucune réforme éducative ne peut réussir sans une valorisation réelle de l’enseignant. L’enseignant demeure le pilier fondamental de toute politique éducative. C’est lui qui façonne les générations, transmet le savoir, inculque les valeurs citoyennes et prépare l’avenir de la nation. Dans cette perspective, la mise en place de la caisse de soutien au logement de l’enseignant apparaît comme une initiative hautement salutaire. Cette mesure traduit une volonté de prendre en compte les préoccupations sociales des enseignants et de leur offrir davantage de stabilité et de dignité.
La cérémonie de lancement de cette caisse, organisée le mercredi 06 mai 2026 à l’ancien Palais des Congrès de Nouakchott sous la supervision personnelle du président de la République, a été marquée par un geste hautement symbolique et profondément humain. En effet, quatre chèques symboliques ont été remis à des profils représentant les différentes dimensions de la noble profession enseignante.
Le premier chèque a été attribué à la famille d’un enseignant décédé, dans un hommage empreint de reconnaissance envers ceux qui ont consacré leur vie à l’éducation des générations avant de quitter ce monde. Le deuxième a été remis à une enseignante retraitée, en signe de considération pour des années de sacrifice et de dévouement au service de l’école mauritanienne. Le troisième bénéficiaire était un enseignant encore en activité sur le terrain, représentant ces milliers d’hommes et de femmes qui continuent quotidiennement à transmettre le savoir dans les salles de classe du pays. Enfin, le quatrième chèque a été attribué à un enseignant désormais intégré dans l’administration, illustrant ainsi la continuité du service rendu à la nation au-delà des salles de cours.
Un message fort
À travers cette démarche, les autorités ont voulu adresser un message fort : l’enseignant demeure au cœur des priorités nationales, quelle que soit sa situation — en activité, retraité, disparu ou reconverti dans l’administration. Ce moment d’une forte portée symbolique a suscité une émotion particulière au sein de l’assistance et traduit la volonté de l’État de réhabiliter moralement et socialement la fonction enseignante.
L’actuelle ministre de l’Éducation, Dr Houda Babah, semble incarner cette nouvelle dynamique. Elle se distingue par une rigueur calme, une discipline remarquable et une fermeté assumée dans les décisions de redressement du secteur. Son style de management, mêlant écoute, exigence et sens de l’État, lui permet d’imposer progressivement une culture de responsabilité et de résultats. Son engagement constant sur le terrain, sa proximité avec les acteurs du système éducatif ainsi que sa détermination à faire avancer les réformes témoignent d’une volonté sincère de servir l’école mauritanienne.
Au-delà des infrastructures et des programmes, l’école républicaine représente aujourd’hui un véritable projet de société. Elle ambitionne de former des citoyens compétents, responsables, ouverts sur le monde et profondément attachés aux valeurs nationales. Elle constitue un instrument stratégique de lutte contre l’ignorance, la pauvreté, l’exclusion et les divisions sociales. Une nation qui investit dans son école investit en réalité dans sa propre stabilité et dans son avenir.
Il est donc juste de reconnaître les efforts déployés par les autorités mauritaniennes pour moderniser le système éducatif national. Certes, le chemin reste encore long et les attentes demeurent nombreuses. Mais il serait injuste de nier les avancées enregistrées au cours des dernières années. La réforme de l’école républicaine n’est plus un simple slogan politique ; elle est devenue une orientation nationale clairement assumée et progressivement concrétisée sur le terrain.
L’histoire retiendra certainement que cette réforme aura constitué l’un des grands chantiers du mandat du président Ghazouani. Et si les efforts se poursuivent avec la même détermination, l’école mauritanienne pourrait devenir, dans les années à venir, un véritable modèle de transformation éducative au service de l’unité nationale et du développement du pays.
Jiddou Hamoud Derdeche
Secrétaire particulier de la ministre de l’Education et de la Réforme du Système d’Enseignement




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