
Après avoir longtemps misé sur le populisme pour enrôler une partie de l’opinion et servi, parfois avec une étonnante docilité, des officines vivant de la discorde sociale dans plusieurs pays, certains acteurs semblent aujourd’hui découvrir les limites de cette stratégie.
Non seulement leurs méthodes n’ont produit aucun résultat tangible, mais elles ont surtout conduit à un isolement croissant sur le plan intérieur et à une perte de crédibilité, y compris auprès de ceux qui, à l’extérieur, entretenaient l’illusion qu’il était possible de fragiliser durablement la cohésion nationale mauritanienne.
Face à cet échec, les voilà désormais engagés dans ce qui ressemble davantage à un combat d’arrière-garde qu’à une véritable démarche politique.
D’un côté, ils tentent maladroitement de fissurer la majorité nationale en distribuant des certificats de respectabilité ou des brevets de moralité à certains de ses membres, comme si l’unité d’un peuple pouvait être déconstruite à coups de déclarations opportunistes et de jugements sélectifs. Cette méthode, que semble affectionner Biram Dah Abeid à travers la surévaluation d’une déclaration isolée d’un député de INSAF, traduit surtout une difficulté croissante à exister politiquement autrement que par la recherche permanente de la fracture.
D’un autre côté, certains, à l’image de Ould Beye, cherchent à internationaliser un débat strictement interne, dans l’espoir de trouver à l’extérieur un écho susceptible d’être exploité par certaines ONG dont les visites en Mauritanie serviraient de nouveau tremplin à des campagnes qui ont, jusqu’à présent, lamentablement échoué. Et pour cause : on ne bâtit rien de durable sur l’exagération, la déformation ou le faux.
Qu’ils poursuivent donc cette entreprise de distribution de reconnaissances symboliques autant qu’ils le souhaitent. Chacun sait, eux compris, que la solidité du front national ne se brise ni par des effets de tribune ni par des affirmations gratuites. Les Mauritaniens ont traversé des épreuves autrement plus sérieuses et ont démontré, à maintes reprises, leur capacité à préserver l’essentiel lorsque l’intérêt supérieur du pays est en jeu.
Tentative de survie
Quant à ceux qui appellent, implicitement ou explicitement, à une forme de mise sous tutelle internationale de notre pays, ils semblent ignorer une réalité pourtant évidente : la Mauritanie d’aujourd’hui n’est pas un État en quête de légitimité extérieure, mais un pays dont l’expérience suscite un intérêt croissant.
Sur des sujets aussi sensibles que la cohésion sociale, la prévention des tensions communautaires, la lutte contre l’extrémisme ou encore la gestion de la stabilité régionale, plusieurs partenaires internationaux viennent désormais s’inspirer des politiques mises en œuvre en Mauritanie et proposer des partenariats stratégiques fondés sur le respect mutuel et les intérêts partagés.
Il est dès lors paradoxal de voir certains tenter de présenter à l’étranger une image caricaturale et déformée d’un pays qui, malgré des défis réels et assumés, avance avec responsabilité, lucidité et stabilité.
La critique politique est naturelle dans toute démocratie. Elle est même nécessaire. Mais elle perd toute crédibilité lorsqu’elle se transforme en entreprise systématique de dénigrement national ou en quête permanente d’arbitrage extérieur contre son propre pays.
Au fond, il apparaît de plus en plus clairement que ces combats ne répondent plus à une vision politique cohérente, mais relèvent surtout d’une tentative de survie de la part d’acteurs en perte de repères et d’influence. Or, les peuples savent toujours faire la différence entre ceux qui défendent sincèrement l’intérêt collectif et ceux qui instrumentalisent les fractures pour exister politiquement.
Le peuple mauritanien, dans sa maturité et sa sagesse, a toujours su distinguer l’essentiel de l’accessoire. Et ceux qui ont choisi de prospérer sur les tensions finiront par découvrir qu’on ne construit ni crédibilité nationale ni avenir politique durable contre son propre pays.
Souleimane Bouna Moctar
Conseiller spécial du Président de l’INSAF




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