
Le développement de la ville de Nouadhibou semble ne pas être laissé au hasard, sur le plan institutionnel au moins puisque quatre structures officielles sont chargées de cette mission, chacune à sa manière et selon ses possibilités.
Il y a, en effet, la wilaya, la Région, la mairie et, spécificité de Nouadhibou, la fameuse Zone Franche qui devait faire de la ville un pôle économique national attractif et prospère.
Malgré cette généreuse architecture institutionnelle qui traduit la volonté des autorités publiques de faire de la capitale économique une zone de prospérité en y attirant les investissements, force est de constater que le résultat reste bien en deçà des attentes.
Pire, elle ne dispose même pas encore d’infrastructures de base fiables telles que les services d’eau et d’électricité, malgré les réalisations importantes consenties par les pouvoirs publics dans ces domaines. En réalité, comme l’a souligné à juste titre le président de la République lors de l’une de ses visites à Nouadhibou, tant qu’il est encore question de l’insuffisance des services tels que l’eau et l’électricité, on ne peut pas parler de progrès et de prospérité.
Certes, la zone touristique de cabanon a été aménagée mais ses terrains ont été vendus à des particuliers sans être contraints en contrepartie d’y faire des investissements attractifs et bénéfiques. A mon avis, il ne fallait même pas vendre ces terrains mais les offrir à titre gracieux à ceux qui s’engagent à y ériger des parcs d’attraction dignes de ce nom, des hôtels de haut standing, des unités industrielles créatrices de valeur et d’emplois.
Résultat presque nul
Résultat à ce jour : Un littoral encombré et une plage défigurée par des constructions sans esthétique. Cette restreinte zone stratégique aurait été bien meilleure si elle avait été laissée vierge, tout simplement.
De même, des produits de premières nécessité ont été exonérés mais leurs prix de vente à la consommation sont restés au même niveau que ceux pratiqués à Nouakchott. L’Etat a donc renoncé à des recettes fiscales sans contrepartie, à moins que ce ne soit au profit de quelques commerçants, ce qui n’était pas l’objectif. Ces exonérations ont été finalement suspendues, signe précurseur de l’abandon du projet de Zone franche. Les habitants de Nouadhibou ne le regretteront pas.
D’autre part, des investisseurs nationaux ont construit des infrastructures hôtelières comptant sur les promesses de la Zone franche qui miroitait un afflux massif des visiteurs. Mais la clientèle n’était pas au rendez-vous puisque la ville n’a pas produit l’attrait escompté, aussi bien pour les touristes que pour les investisseurs.
Je crois que cet échec ou ce retard n’est pas étranger à une dilution des responsabilités inhérente aux chevauchements et aux interférences résultant de la diversité des structures en présence. Les limites ne sont pas toujours respectées puisque l’objectif, les domaines d’intervention et parfois les moyens, quand il y en a, sont généralement les mêmes.
Finalement, à Nouadhibou comme ailleurs tout reste à faire …malgré tout. Et « tout reste à l’image de tout et vice versa », comme disait Coluche.
Dahane Taleb Ethmane




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