La retraite en Mauritanie : un sujet dont on parle trop peu… et pourtant il nous concerne tous

24 August, 2026 - 00:00

Chaque jour, des milliers de Mauritaniens se lèvent pour servir l’administration, les entreprises publiques, le secteur privé ou contribuer à l’économie nationale. Pendant des décennies, ils cotisent, travaillent, construisent et participent au développement de notre pays.
Mais une question essentielle mérite d’être posée : que leur garantit réellement la Nation lorsqu’ils arrivent au terme de leur carrière ?
La retraite ne doit pas être considérée comme une dépense. Elle est un droit acquis par le travail, un contrat moral entre les générations et un marqueur du niveau de développement d’un pays.
La Mauritanie a engagé des réformes importantes, qu’il faut reconnaître et saluer. Toutefois, les défis restent nombreux.
Comment accepter que de nombreux retraités voient leur pouvoir d’achat diminuer d’année en année sous l’effet de l’inflation ?
Comment ignorer que des centaines de milliers de travailleurs du secteur informel – commerçants, artisans, pêcheurs, agriculteurs, éleveurs ou travailleurs indépendants – n’ont pratiquement aucune perspective de retraite ?
Sommes-nous prêts à attendre que ces difficultés deviennent une véritable crise sociale, ou préférons-nous les anticiper par une réforme réfléchie, progressive et consensuelle ?
Nos voisins et d’autres pays ont engagé des réformes parfois difficiles, mais nécessaires. Aucun système n’est parfait. Même la France, souvent citée en exemple, continue de réformer son modèle. Le Maroc poursuit la modernisation de ses régimes. L’Algérie cherche à préserver l’équilibre financier de son système. Le Sénégal travaille à élargir progressivement sa couverture sociale.
Pourquoi la Mauritanie ne lancerait-elle pas, elle aussi, une grande réflexion nationale sur l’avenir de ses retraites ?
Cette réflexion pourrait s’articuler autour de quelques priorités :

* garantir une pension permettant de vivre dignement ;
* protéger les pensions contre l’inflation ;
* intégrer progressivement les travailleurs du secteur informel ;
* développer une retraite complémentaire ;
* moderniser la gestion des caisses grâce à la digitalisation et à une gouvernance plus transparente ;
* assurer la pérennité financière du système sans compromettre les droits des générations futures.

Une société se juge aussi à la manière dont elle traite celles et ceux qui ont consacré leur vie à son développement.
Les retraités d’aujourd’hui sont les travailleurs d’hier. Les travailleurs d’aujourd’hui sont les retraités de demain.
Il est donc temps d’ouvrir un débat national serein, responsable et courageux sur l’avenir de notre système de retraite.
Qu’en pensez-vous ? Quelles réformes vous semblent prioritaires pour construire un système de retraite plus juste, plus solidaire et financièrement durable en Mauritanie ?

Abidine Cheikhou Beyrouck
Retraité
Ancien cadre supérieur RH à la SNIM