
L’Union des forces de progrès (UFP) a dénoncé, dans une déclaration publiée mercredi, la crise persistante des coupures d’électricité qui affecte depuis plusieurs jours une grande partie de Nouakchott, appelant les autorités à tirer « toutes les leçons » de cette situation et à engager une réforme en profondeur du service public.
Le parti d’opposition estime que les délestages généralisés ont lourdement perturbé la vie quotidienne et les activités économiques dans la capitale, provoquant notamment des problèmes de santé, des pénuries d’eau, des arrêts d’activités, des pertes de produits périssables, des perturbations des transports ainsi que des interruptions des télécommunications et d’autres services essentiels.
L’UFP dit comprendre la colère des populations, confrontées à une forte canicule et, selon elle, à des promesses non tenues concernant la lutte contre les dysfonctionnements de la Société mauritanienne d’électricité (Somelec).
Tout en dénonçant ce qu’elle qualifie de «laisser-aller » à l’origine des défaillances de la Somelec, la formation politique salue la mise en place d’une commission d’enquête chargée d’établir les causes et les responsabilités liées à la crise. Elle demande que cette enquête soit menée avec «diligence, indépendance, rigueur et transparence » et que ses conclusions soient rendues publiques, avec, si nécessaire, des mesures appropriées.
Pour l’UFP, la situation actuelle ne constitue toutefois pas un incident isolé. Les délestages, les pannes et les dysfonctionnements dans la production et la distribution de l’électricité seraient récurrents depuis plusieurs années. Le parti met ainsi en cause la gestion du secteur et appelle à examiner les causes structurelles de ces difficultés.
Parmi les facteurs à analyser, l’UFP cite notamment la conception et l’entretien des infrastructures, la passation et l’exécution des marchés, le choix des équipements, le contrôle des investissements, le recrutement et la formation du personnel, ainsi que la gouvernance des entreprises publiques concernées.
Au-delà du secteur électrique, la formation politique considère que la crise révèle des fragilités plus larges des services publics essentiels dans la capitale. Elle évoque notamment l’approvisionnement en eau, les télécommunications et l’assainissement, estimant que les programmes de modernisation annoncés ne sauraient se substituer à la garantie des services de base.
L’UFP appelle ainsi le gouvernement à engager une véritable politique d’assainissement et de modernisation des secteurs vitaux de l’eau et de l’électricité, ainsi qu’une restauration du service public fondée sur la compétence, la transparence, la responsabilité et l’obligation de rendre compte.
Le parti demande également que les dommages subis par les abonnés du fait des interruptions d’électricité soient pleinement pris en considération. Il estime que les préjudices causés aux abonnés doivent être réparés équitablement et propose notamment une exemption ou une réduction du paiement des factures correspondant au mois marqué par les importantes perturbations du service.




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