
Les secteurs d'extrême importance comme l'eau, l'électricité et l'assainissement subissent, depuis quelques temps, les attaques des missiles de la gabegie qui, après avoir détruit le vétuste réseau de la SNDE provoquant des mares partout, malgré la soif qui sévit encore en plusieurs quartiers de Nouakchott, embrasent des transformateurs électriques de la SOMELEC, assombrissant le décor d’une ville plongée dans le noir. Des zones privées d’électricité pendant douze heures ! Ces secteurs-trous qui avaient pourtant absorbé la quasi-totalité des financements deviennent sources, non pas de satisfaction, mais bien plutôt d'insécurité et de pertes économiques pour les clients.
Or l'électricité n'est plus, de nos jours, un luxe, c'est le nerf de la vie. Sans elle, pas d’eau, pas de communication et, surtout, pas de soins médicaux. Tous les produits de consommation qui doivent être conservés dans le froid se transforment en produits dangereux pour la santé publique. La récente prolifération des maladies cancérogènes serait ainsi due à l’irrespect des méthodes de conservation. Malgré les dommages subis et les pertes, personne n'a évoqué la réparation des dols, l'indemnisation des clients ou, du moins, la présentation d’excuses. La réalité qui saute aux yeux est que la SOMELEC ne dispose pas d'une capacité suffisante pour couvrir le besoin. Elle procède donc au délestage par quartier à tour de rôle et à durée variable. Au cours d'une seule heure de temps, vous pouvez même compter jusqu'à dix délestages.
En tout cas, depuis que Nouakchott est Nouakchott, jamais la desserte de l'eau et de l'électricité n'a été aussi médiocre. Et, ce qui est curieux et inconfortable, c'est qu'à la moindre panne technique, on fait toujours appel aux marocains ou aux sénégalais pour intervenir. Par ailleurs, comment se fait-il que l'éclairage public soit allumé le jour et éteint la nuit ? Chercherait-on à renforcer la luminosité du jour au détriment de celle de la nuit ? Et surtout, comment se fait-il qu'on reste ainsi encore dépendant des autres ? C'est la question que chacun doit malheureusement poser.
En tout cas, s’il y a une capitale où l'eau ne devrait jamais manquer, c’est bien Nouakchott. Puisqu'elle est au centre de trois sources : la nappe d'Idini qui n'a pas encore atteint sa pleine capacité, l'eau du fleuve et celle de la mer. Question électricité, la présence du soleil toute l'année est un potentiel d'énergie qui offre des possibilités considérables pour tout le pays. Et, en ce qui concerne l'assainissement, qui existait bel et bien à Nouakchott, la négligence a fini par le rendre désuet, faute de réhabilitation et d' extension pour suivre l'évolution de la ville.
Bref : tant que la gabegie gangrènera ces secteurs, il faut s'attendre à plus d'insuffisances, incommodités et désagréments, même si la modernisation de Nouakchott, tant médiatisée arrive à terme pour une fin aboutissant là où elle avait commencé pour tous les services. Indépendamment de tout cela, le thermomètre du troisième mandat affiche une haute température pour réchauffer un climat déjà chaud.
Mohamed Ahmed Cheikh
Ingénieur




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