
Les SDF de Nouakchott
Cette semaine, les faits divers sont consacrés aux personnages sans domicile fixe que la ville de Nouakchott abrite ou avait abrité à travers le temps. Ces personnes particulières ont ou avait élu domicile au niveau de certains quartiers. La plupart d'entre eux choisissent le plus souvent de vivre dans la rue. Elles changent parfois de places selon le climat ou l'atmosphère. Il y a parmi elles des aliénés ou débiles mentaux. Il y a aussi parmi eux des personnes dont le comportement est plus que bizarre alors que leur identité reste inconnue...
Nous allons évoquer les plus fameux de ces SDF.
Mariem "Eddahaya"
A la fin des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt du siècle passé, une femme de courte taille de teint clair venue de l'intérieur s'était installée au cours d'un beau matin dans la véranda d'un immeuble qui jouxte le marché de la capitale. Elle avait un ou deux sachets de plastique plein d'habits sales. Elle utilisait des cartons comme tapis. Elle avait une longue machette qu'elle exhibait pour se défendre contre les petits voyous de la rue (l'insécurité n’était pas aussi forte à l'époque). Son attitude de défense lui avait valu la crainte des malfaiteurs et des enfants qui aimaient taquiner les fous. Elle s'appelait Mariem mais on lui avait collé le sobriquet de "Addahaya" ou Mariem "Sikkin". Elle n'acceptait de recevoir et parler qu'à certaines filles élèves du CC de jeunes filles. Celles-ci avaient très vite remarqué qu'elle était victime de jalousie. Durant le moment qu'elles passaient avec elles, elles lui affirment admirer sa beauté et que beaucoup d'hommes sont fous d'elle...
A part ce groupe restreint de jeunes filles, Mariem n'acceptait de recevoir ni parler à quiconque. Tout celui ou celle qui ose s'approcher, elle s'empare aussitôt de sa machette pour le pourchasser au loin.
Les boutiques voisines avaient fini par l'engager comme gardienne. Elle était finalement morte vers le début des années quatre-vingt. Cependant son souvenir reste gravé dans la mémoire de beaucoup de Nouakchottois.
Ali "le guerrier’’
Devant l'un des immeubles qui font face au côté nord du carrefour de la BMD, un homme de teint foncé trapu et toujours habillé d'un boubou propre était le plus souvent assis sur une petite natte écoutant son transistor mal réglé où émettait en même temps plusieurs stations à la fois. Parfois des bribes d'informations de la BBC, des chansons de « Radio Sénégal » ou des émissions d'autres stations en langues inconnues, l'important pour Ali est que son appareil reste ouvert. Natif du Trarza, il prétendait faire partie d'une tribu guerrière. Il passa ainsi quelques années à demeurer en plein air dans cette zone. Durant la journée, il se mettait à l'ombre. C'était un ancien soldat probablement traumatisé par la guerre du Sahara. Un jour de 1981, lorsque passa un défilé militaire dans l'avenue Jemal Abdel Nasser, il se mit au garde-à-vous sous le soleil et y resta plusieurs heures de s'écrouler, évanoui. On l'évacua à l'hôpital et on ne l’a plus revu depuis... (A suivre)
Mosy




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