C’est un secret de Polichinelle que la dizaine d’écoles publiques de la moughataa de Tevragh Zeina ne sont fréquentées que par les fils des gardiens et domestiques qui travaillent dans ce quartier chic de Nouakchott. C’est aussi un secret de Polichinelle que le déficit en instituteurs d’une part et le taux d’absentéisme d’autre part sont les plus élévés de toutes les écoles de Nouakchott dans cette moughataa. Les raisons de cette situation sont si évidentes qu’il est presqu’indécent d’en parler. Seulement que dans un pays démocratique, des écoles publiques soient l’apanage d’une catégorie d’élèves constitue une grave provocation qui peut permettre aux nageurs en eaux troubles de se permettre toutes sortes de spéculations. Aussi, les rares élèves de ces écoles qui ont réussi, malgré les conditions difficiles à aller dans les établissements secondaires peinent à s’y rendre à cause du problème du transport. Pour cela, la mairie de Tevragh Zeina ne semble pas trop y prendre garde. L’entretien d’une équipe de football disposant de bus confortables va de pair avec la prise en charge du transport des dizaines d’élèves des fils de pauvres qui souffrent considérablement pour rejoindre leurs établissements.
Informé par la maitresse de maison que la bonbonne de gaz de 12 kg avait rendu l’âme, Mohamed (appelons-le ainsi, comme le commun des mortels) la traîna vers la boutique du coin où l’épicier avait déjà accepté, conformément au principe de bon voisinage, de lui « ouvrir un carnet » (c’est ainsi qu’on appelle le cahier nominatif o




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